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vers 1550 : création des premières verreries dans le Nord Cotentin, à Couville et à Brix.
vers 1560 : une verrerie s'installe à Tourlaville, à l'extrêmité nord de la forêt de Brix. Cet établissement, cité dans son journal par le sire de Gouberville, appartient à la famille de BELLEVILLE qui la transmettra au début du XVIIè siècle aux CAQUERAY, originaires de Haute-Normandie. On rencontre, en effet, dans la région les matériaux nécessaires à la fabrication du verre : bois pour le combustible, soude de varech ou de fougère et sable ; la mer, proche, offre le moyen de transport le meilleur de l'époque.
vers 1630 : le marché français du secteur verrier commence à être envahi par les produits vénitiens. Pour y faire face, la royauté renouvelle les privilèges des gentilhommes verriers.
1655 : Richard LUCAS de Néhou, successeur d'Antoine de CAQUERAY et gentilhomme verrier lié au groupe des amis de COLBERT, obtient le privilège de se livrer au travail du verre à Tourlaville. Il choisit le site désormais appelé " la glacerie " et y bâtit notamment deux halles comprenant " deux fourneaux servant l'un à faire du verre commun plat, et l'autre à faire des glaces, verres et autres ouvrages de cristal ", un moulin à piler et une forge à laver le sable. LUCAS de Néhou est, semble-t-il, le premier en France à faire du verre blanc, dont on se sert pour garnir les fenêtres du Val-de-Grâce, à Paris. En même temps, il met au point la fabrication des " glaces à miroir ".
1665 : création à Paris, dans le faubourg Saint-Antoine, de la " Manufacture Royale des Glaces à Miroirs ".
1670 : devant les difficultés rencontrées par les ateliers parisiens, l'établissement de Tourlaville est, sur la demande de COLBERT associé à la Manufacture, tout en gardant une direction autonome. La fabrication est alors décentralisée à Tourlaville qui se spécialise dans la confection de glace soufflée et d'instruments d'optique, la cristallerie étant supprimée. A Paris, sont maintenus les ateliers de douci et de poli et le magasin de vente.
1675 : mort de Richard LUCAS de Néhou. Son neveu Guillaume LUCAS de Bonval lui succède à Tourlaville ; le frère cadet de celui-ci, Louis LUCAS de Néhou, prend la tête de la manufacture du faubourg Saint-Antoine.
1685 : la manufacture de Tourlaville fournit Versailles en glaces à miroir de dimension commune. Quelques unes d'entre elles sont encore visible dans la galerie des glaces du château.
1690 : Louis LUCAS de Néhou aboutit à faire des glaces coulées de grandes dimensions sur une large échelle.
1692 : création de l'établissement de Saint-Gobain (Aisne), à l'instigation de Louis LUCAS de Néhou. La technique de coulage y est introduite alors que Tourlaville reste fidèle au procédé du soufflage.
1695 : la " Manufacture Royale des Glaces de France " obtient le monopole de la fabrication des glaces : elle comprend les établissements de Paris, Saint-Gobain et Tourlaville. Désormais, Saint-Gobain prend peu à peu le pas sur Tourlaville où la production est arrêtée plusieurs fois, de 1702 à 1714 et de 1717 à 1720.
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